Auteur Sujet: définition d'un art martial? [construction3]  (Lu 16505 fois)

Hors ligne ombrouge

  • Oeuf de dragon
  • *
  • Messages: 36
  • Sagesse: 6
  • Sexe: Homme
définition d'un art martial? [construction3]
« le: août 01, 2011, 11:11:05 am »
Bonjours à tous, peut être que ce topic à déjà été créé mais si c'est le cas je m'en excuse.

Ce forum traite entre autre des arts maritaux (qui ne sont pas des sports de combats). mais une question me tiens à coeur, comment pourrait on définir un art martial, pourrait on en donner une définition?

Je vous donne ici mon point de vue (d'avance pardon pour la longueur, j'ais rédigé ça il y a déjà quelques mois)


Qu'est-ce qu'un art martial? Une manière de se battre, le moyen de devenir plus fort, un sport? Dans ce cas peut-on dire que, art martial et sport de combat sont deux thermes désignant une même chose? Non… le sport de combat lui est une discipline sportive au même titre que d'autre sport. L'art martial lui est différent par son contenu et ses apports. Là ou le sport de combat cherche à déterminer qui est le meilleur, l'art martial dans sa nature la plus profonde a un tout autre but. Mais avant même d'en arriver à son but, il faut tout d'abord se demander ce qu'est un art martial.

I l'art martial

Le terme art martial est composé de 2 parties: art et martial. Il conviendra donc d'examiner chacune d'elle avant d'examiner leur interaction

A- Une chose martiale

   Dire qu'un art martial est une chose martiale apparaît souvent comme futile. Cependant cela nous amène à nous demander ce qui est martial. Le terme martial, fait appel à Mars le dieu Romain de la guerre, et évoque par conséquent a toute forme d'opposition de conflit entre deux volontés, deux personnes physiques ou morales, deux point de vues... Cependant quand on parle d'arts martiaux, nous envisageons en général l'art en question que par son aspect premier et le plus visible qui est l'opposition entre deux personnes de manière physique. La restriction va même souvent jusqu'à se limiter aux arts martiaux d'extrême orient. Cependant si l'on applique le sens premier du terme martial et si l'on ne prend en compte uniquement l'aspect martial, l'art martial pourrait prendre son origine dans toute forme de conflit. Ainsi ne pourrait-on pas se demander si un avocat ou un joueur d'échec de haut niveau sont des artistes martiaux eux aussi? Chacune de ces personnes va en effet combattre un adversaire avec des arts mais au lieu d'utiliser la force physique, ils utiliseront leur pensée, leur connaissance, la loi...

   Un exemple de cette vision est le shogi, cette forme d'échec japonais est considérée du moins dans son pays d'origine comme un art martial à part entière. Il existe à ce titre des dojos de shogi, des ligues professionnelles, un protocole, de même il suffit de jouer quelques parties avec une réelle détermination ou de regarder un match de haut niveau pour en plus mettre en doute l'aspect martial. En effet la tension est l'opposition des volontés et aisément perceptible même pour un non initié.

   De même lors d'un procès, l'opposition des deux avocats est clairement visible aux yeux de tous, les coups sont en effet portés sur la thèse de l'adversaire tout en essayant de protéger sa propre thèse. Les avocats utilisent de plus des ''armes'' qui leur sont propre comme la loi, la psychologie, la logique et parfois la morale. Ils infligent de réels dommages à l'adversaire et quand bien même ils ne sont pas physiques, on ne peut nier leur efficacité et leur dangerosité. Le conflit est bien présent, cependant l'aspect martial est rarement reconnu.

   A l'inverse certains arts martiaux reconnus peuvent à première vue ne pas avoir l'aspect martial. En effet quand on regarde les formes du tai chi chuan et notamment celles de l'école yang qui sont très lentes, il est possible de se demander s'il s'agit bel est bien d'un art martial et non d'une simple gymnastique. A ce titre de nombreux pratiquants du tai chi chuan ne considèrent pas leur art comme un art martial et il est à ce titre parfois enseigné en tant que gymnastique de santé. Cependant le tai chi chuan n'est complet que s’il est étudié dans son intégralité,  ceci comprend donc le sanchu qui est l'expression martiale de l'art en question.


B- un art en soi

   L'aspect plus souvent oublié des arts martiaux est l'aspect artistique de la chose. En effet si elle est très présente par le biais de katas ou formes dans les arts d'extrêmes orient, on a beaucoup plus de mal à admettre que l'art est présent dans les échecs, ou les techniques martiales occidentaux. En effet, cela résulte d'une conception particulière de l'art. On considère souvent l'art comme quelque chose d'esthétique, et on a tendance à l'affilier au beau, on comprend alors aisément que la boxe n'ayant pas un des aspect les plus esthétique, n'apparaisse pas comme un art.

   L'aspect artistique ne doit donc pas être perçu comme un aspect esthétique, mais être compris comme une forme d'expression de la personnalité du pratiquant. Ce dernier doit en effet par le biais de l'art exprimer qui il est ce qu'il pense. L'art martial ne doit donc pas être trop restreint car pour être considéré en tant que tel il doit laisser au pratiquant sa propre liberté. Les bases de l'art, katas et règles ne doivent être là que pour encadrer l'élève et lui permettre d'acquérir une base, puis de cette base l'élève doit trouver sa propre voie qui s'adapte le plus à sa morphologie, sa personnalité, son état émotionnel... Le meilleur exemple est certainement celui du wushu chinois ou l'élève est  amené à créer ses propres figures, les figures les taos n'étant là que pour lui donner une base.

   De même chaque pratiquant d'échec aura sa stratégie propre, qu'il adaptera en fonction de son adversaire mais il exprimera son art à sa manière en privilégiant l'agressivité ou au contraire la défense, la vitesse ou la puissance.

C- du combat à l'art, de l'art au combat

   L'art martial est donc une discipline basée sur ces deux principes et ne doit pas en délaisser une au prix de l'autre. C'est ainsi que l'on distingue les sport de combat et les arts martiaux. Les arts martiaux sont donc une forme de combat, c'est à dire basée sur l'opposition qu'elle soit physique comme c'est le cas dans nombre de disciplines reconnues, ou mentale mais amenant le pratiquant à s'exprimer par lui-même et à s'adapter. Même si les arts martiaux ont pour origine un simple moyen de se défendre, ils ont évolué pour devenir un moyen d'expression du pratiquant, de son identité, sa pensée, son état émotionnel...

   Il en découle alors que la pratique d'un art martial n'amène pas uniquement le pratiquant à devenir plus fort, à savoir se défendre mais a partir à la découverte de lui-même, de ses limites et à effectuer une certaine introspection de sa personne. Ainsi par la pratique d'un art martial le pratiquant ce découvre lui-même, les katas et assimilés n'étant que des outils amenant à cette découverte.

   On déduit de plus que les arts martiaux ne ce limitent pas à des combats physiques ou violents mais peuvent prendre pied dans toute opposition amenant les opposant à se combattre tout en affirmant leur personnalité. On distinguera alors à ce stade les arts martiaux physiques qui se basent sur le corps et les arts martiaux mentaux qui se basent sur l'opposition par la pensée. Par la suite le terme art martial ne sera par défaut utilisé que pour les arts martiaux physiques. Cependant les arts martiaux ne se définissent pas que part l'analyse des termes qui le composent, mais aussi par leur but et leurs apports aux pratiquants.


II Les but et apports des arts martiaux

   En effet les arts martiaux apportent bon nombre de choses à leur pratiquant qui sont communes à tous les arts  martiaux et ont tous un but commun. On distingue les apports et buts premiers qui sont des apports visibles de tous, et les apports et but seconds qui sont plus occultes et nécessitent un plus grand investissement et un plus grande introspection de la part du pratiquant.

A- Les buts et apports premiers: la préservation du corps

   La préservation du corps est le premier et le plus visible des apports des arts martiaux. Même ci cela peut paraître paradoxal vis à vis des nombreuses blessures issues de l’entraînement, la préservation du corps du pratiquant et le premier but des arts martiaux quel qu'ils soit. La pratique martial permet en effet au pratiquant d'intégrer un moyen de se défendre et de développer son corps.

1) Une façon de se défendre

   L'apprentissage de l'auto-défense est l'origine même des arts martiaux. En effet de tout temps les hommes ont cherché à survivre et à se défendre contre l'environnement. Ainsi ils on peu à peu développés des techniques qu'il ont peaufinées, enseignées, exportées, adaptées... Ils ont créés des lieux d'enseignement qui devinrent les premières écoles d'arts martiaux, mais les arts martiaux gardèrent cet aspect combatif. Les arts martiaux ont pour but premier d'apprendre à l'élève à se défendre lors d'une agression et à protéger sa vie ou celle des autres en usant de son corps comme d'une arme et en sachant s'adapter à la situation. L'un des arts martiaux les plus reconnu à cet effet est le krav maga qui mise sur la survie avant tout, et se préoccupe peu du sort de l'adversaire.

   Certains arts martiaux ont cependant perdu de cette nature première pour adopter une valeur plus philosophique comme c'est le cas du Kyudo et de certaines pratiques du tai chi chuan notamment le style yang dont l'aspect martial et parfois éludé par certains professeurs. Cependant l'aspect martial est vite retrouvé par les pratiquants qui souhaitent le retrouver.  

2) Développement du corps

   Un autre objectif majeur découlant directement du premier est le développement physique du pratiquant. En effet la pratique d'un art martial amène le pratiquant à renforcer son corps. Les arts martiaux bénéficient des nombreux bienfaits issus de pratiques sportives mais aussi de bienfaits supplémentaires. Tout d'abord d'un point de vue musculaire l'art martial permet une musculation de la grande majorité du corps. De plus il permet de développer la souplesse de ce dernier, en effet l'exécution de techniques martiales amène le pratiquant à développer une certaine souplesse. C'est surtout le cas des arts martiaux asiatiques. On notera à ce titre le Chang quan (ou box du nord de la chine) qui oblige le pratiquant à développer une grande souplesse pour exécuter les nombreux coups de pieds. La pratique martiale développe aussi les réflexes des pratiquants et la précision de leurs mouvements du fait des longues heures de pratique à répéter inlassablement les mêmes mouvements. On dit souvent que ''c'est le corps qui doit agir de lui-même''.

   Les arts martiaux permettent de plus un renforcement du corps par ces composants. En effet  dû aux nombreux coups ou chutes de certains arts martiaux, les os et organes du pratiquant deviennent plus solides et moins sensibles à la douleur. Ainsi on note que les pratiquants du wing tsun possèdent des avant-bras particulièrement solides. Une des raisons de cet endurcissement est la continuelle régénération du corps. En effet les nombreux coups portés, blocages et chutes entraînent la créations de micros fractures dans les os, qui ne sont pas perçu par le pratiquant. Lors de la régénération cellulaires, les os se renforceront en s'adaptant aux nouvelles contraintes de l'environnement (les coups fréquents et répétés). Ainsi petit à petit on note un renforcement du squelette et des muscles chez les artistes martiaux. Ceci explique la capacité de certaines personnes à briser des matériaux très durs avec leur corps, même si dans certains cas, cette raison ne semble pas suffisante.



B- Les autres buts et apports: le développement moral


   Les arts martiaux ne se contentent pas uniquement d'inculquer un moyen de se préserver mais sont aussi vecteurs de morale pour les pratiquants. Cependant ce dernier aspect nécessite une plus grande implication du pratiquant dans l'art. Les arts martiaux permettent aux élèves d'apprendre un certain nombre de valeurs et pour ceux qui le cherchent de comprendre le sens le plus profond des arts martiaux.

1) Les valeurs des arts martiaux.

   L’art même s'il n’est pas pratiqué à haut niveau, introduit dans le pratiquant un certain nombre de valeurs qui transcenderont le plus souvent le simple cadre de la pratique martiale. Tout d’abord il enseigne la discipline, la persévérance et le courage qui sont la base de tout apprentissage basé sur le corps. Mais l’art martial en tant que discipline personnelle amène beaucoup plus le pratiquant à se forger lui-même et à accepter ou non ces valeurs. En effet les élèves ne sont le plus souvent contraint qu'à un minimum de discipline, cependant on note que cette valeur est une nécessité d’une évolution rapide au sein de la branche choisie quelle qu’elle soit. En effet, il est impossible de progresser de manière acceptable en assistant que peu aux entraînements ou en y effectuant le minimum. A l’inverse une pratique régulière et sérieuse amène souvent des résultats très probants même pour les personnes en difficultés. Une autre variante qui amène à l’aspect disciplinaire de l’art martial est le salut et le respect des protocoles qui sont une constante des arts martiaux, présents à plus ou moins grande échelle, et qui obligent le pratiquant  à observer certains rites.

   L’art martial amène aussi le sens de l’honneur et du respect de l’autre. Ces deux valeurs sont des piliers de l’enseignement intrinsèque des arts martiaux. On constate très souvent que même si les maitres n’utilise rarement voir jamais le mot honneur, ce dernier est affilié de nature aux arts martiaux, et nombre de pratiquants se soucient de ce dernier. Il en va de même pour le respect. Ne serait ce que dans le cadre d’entrainement, les pratiquants d’arts martiaux se doivent un respect mutuel. Ceci se matérialise par le salut du partenaire, par certaines attaques interdites et par un souci de l’état de ce dernier. De même on peut noter que dans l’image que se font les personnes externes aux milieux des arts martiaux, ces derniers voient les arts martiaux (et en particuliers les arts martiaux japonais) comme empreins de respect et d’honneur. De même des termes comme dojo ou budo font appel à une image austère des arts.

   Bien entendu les arts martiaux apportent bien d’autres valeurs comme la ponctualité, la volonté, la combativité…

2) Une école de paix

   C’est sûrement un des points les plus paradoxales des arts martiaux pour les non-initiés. Les arts martiaux qui ont pour base l’opposition et la volonté de se défendre ont le plus souvent  au cours de leur évolution évolués en écoles de paix, et ont tendance à pacifier les pratiquants. Par des exercices constants basés sur l’opposition, les  pratiquants comprennent au fur et à mesure que leur intérêt ne résidera pour ainsi dire jamais dans l’opposition à l’adversaire et dans l’usage de la violence. Cette solution devient dès lors un dernier recours pour les pratiquants, qu’il n’utilisera que pour se défendre ou protéger une autre personne.

Cet aspect est très présent notamment dans l’évolution terminologique des arts martiaux japonais par exemple en passant des termes jutsu à do. En effet là où les jutsu sont des techniques beaucoup plus guerrières ayant pour but de tuer l’adversaire ; les do se sont dirigés vers des buts plus philosophiques et constructifs sans pour autant  négliger entièrement l’efficacité. Cependant certains arts martiaux ont souffert de cette évolution tant et si bien que leur essence même en ai été perdue. A ce titre l’exemple le plus flagrant est le kendo. Si à l’origine le kenjutsu était la technique du sabre et était utilisé dans le but de tuer l’adversaire en frappant les points faible de l’armure, le kendo lui  frappe les parties fortes de l’armure et ne pourrait pas du moins tel qu’il est pratiqué de la manière la plus courante amener à la mort de l’un des adversaires. Ceci est dû à l’origine du kendo et à l’évolution de cette discipline.

   Le kendo prend ses origines avec l’unification du japon en 1603 par Ieyasu Tokugawa. Une fois accédé au poste de shogun et pour éviter une nouvelle ère de guerre civil, il lui fallut trouver un moyen de canaliser la caste guerrière. C’est dans ce contexte qu’émergeât peu à peu le kendo. En effet à l’inverse des techniques de kenjutsu il permettait des combats pratiqués avec plus de sécurité entre les pratiquants, mais aussi de canaliser l’agressivité des samouraïs. Ainsi peu à peu les techniques traditionnelles se perdirent pour une partie significative de la caste guerrière, si bien que aujourd’hui à part quelques rares écoles comme la katori shinto ryu, le kenjutsu     pour ainsi dire disparut. Cette histoire est la marque d’un excès de pacification d’un art martial. Cependant la plupart des arts martiaux ont réussi à garder leur esprit martial tout en s’orientant vers un aspect plus philosophique.

C’est dans la compréhension de ce paradoxe que réside l’essence même des arts martiaux. Un autre fait intéressant à noter est que la plupart des katas et tao, même des arts martiaux durs comme le karaté commencent par une technique défensive.


Les arts martiaux apparaissent donc comme un art de combat, porteur de valeur cherchant à développer l’individu non seulement sur l’aspect physique mais aussi moral.
« Modifié: août 01, 2011, 16:15:27 pm par Webmestre »
Petite pub: ''l'art de la voie'' magasine internet gratuit sur les arts martiaux disponible via facebook.

Il est bon de savoir combattre 5 hommes, mais il est meilleur de n'en combattre aucun.

Webmartial - Forum : arts martiaux, sports de combat, mma, free fight, combat libre

définition d'un art martial? [construction3]
« le: août 01, 2011, 11:11:05 am »
Boutique de Webmartial
Équipements d'arts martiaux / sports de combat en direct de Chine


Hors ligne baboche

  • Membre de la Cité
  • Jeune dragon
  • *
  • Messages: 445
  • Sagesse: 15
Re : définition d'un art martial? [construction3]
« Réponse #1 le: août 01, 2011, 17:17:01 pm »
+1 pour l'effort  ;-)p
C'est dans la m... que poussent les plus belles fleurs.

Citations de Daniel Desbiens

Hors ligne Lexan

  • Membre de la Cité
  • Dragon Seigneur de guerre
  • *
  • Messages: 1715
  • Sagesse: 115
    • Yoseikan Budo Genève
Re : définition d'un art martial? [construction3]
« Réponse #2 le: août 11, 2011, 09:55:10 am »
Je vous donne ici mon point de vue (d'avance pardon pour la longueur, j'ais rédigé ça il y a déjà quelques mois)

Cette definition semble surtout porter sur les disciplines "modernes" et plus particulierement celles originaires de l'asie mais certains "arts" ont une vocation bcp plus utilitaire et le cote "developpement moral" semble bcp moins prononce...


Lex
Tout voyage commence par un pas...

Hors ligne ombrouge

  • Oeuf de dragon
  • *
  • Messages: 36
  • Sagesse: 6
  • Sexe: Homme
Re : définition d'un art martial? [construction3]
« Réponse #3 le: août 11, 2011, 10:42:48 am »
Je suis en partie d'accord avec toi... cependant je part du principe qu'il y a une distinction très grande entre art martial, self defense et sport de combat.

Je m'explique de mon point de vue l'art martial de mon point de vue possède deux grand but comme dit plus haut, l'apprentissage de techniques pour ce défendre et la construction de l'individu autour de valeur moral. La self défense sera elle purement orienté vers les techniques de combat même si il y a un fond morale plus ou moins voulu son objectif premier est l'efficacité technique. Les sport de combat eux ont une visée sportive, il y a une recherche d'efficacité mais dans un cadre plus limité que celle de la self défense, et le but est alors de vaincre l'adversaire dans un rings, ou assimilé. Le but est dans ce dernier cas la compétition, prouver que l'on est le meilleur. Bien entendu ces définitions sont très grossières.

J'aimerais prendre un exemple pour illustrer mon point de vue si tu le permet. Prenons l'exemple du japon (je sais ce n'est pas très original). Ont peut dire que les art martiaux dans le sens  ou je les ais décrit n'ont commencé qu'a existé après l'unification du pays. En effet suite à l'unification par Tokugawa et l'avènement de l'ère Edo, il a fallut pacifié la classe dirigeante. Avant cette époque de paix les techniques martial n'était que des techniques martiales, elle servaient principalement voir uniquement à ce défendre sur le champ de bataille. Leurs objectifs premiers était de tuer l'adversaire et il n'y avait alors pas de valeur sous-jacente (le code du bushido n'étant pas aussi développé que durant la période Edo et l'influence du zen n'avait pas encore percé réellement percé). On pourrait alors qualifier les techniques de cette époque non pas d'art martial mais de self défense (une exception pourrait être les arts shinobis qui eux donnaient déjà un réelle mode de vie). Cependant avec la pax Tokugawa, les techniques de combat guerrière devinrent peu à peu  plus subtil et au delà de la simple efficacité martial, il y avait une réelle recherche philosophique. Ceci est dut entre autre à l'influence du zen. On pourrait alors dire que les techniques de combat traditionnelles ont évolués peu à peu en arts martiaux par l'intégration de valeur moral et d'un but que l'on pourrait qualifier de plus grands (la formation de l'individu). On peut d'ailleurs ajouté que c'est réellement durant la période Edo que c'est réellement développé le bushido notamment avec la rédaction de l'Hagakure.


Sur ce point je suis d'accords avec toi, les arts martiaux seraient des disciplines plutôt moderne. Cependant j'aimerais ajouté que durant la période Edo, de nombreuses écoles traditionnelles ont elles même évolué en intégrant des préceptes boudhistes et shintoïstes. Ainsi même la Tenshin Shoden Katory Shinto Ryu reconnu comme l'école traditionnel par excellence pratique un art martial car elle à intégré des concepts moraux.

Ensuite concernant le second point qui ne s'appliquerait qu'aux art maritaux orientaux, je ne suis qu'en partie d'accords. On peut dire qu'à une certaine époque on pratiquait des arts maritaux. Je pense ici au moyen âge. L'escrime ancienne et toutes les disciplines de la chevaleries étaient censés porter les valeur de cette dernière. Cependant l'évolution des techniques de combats (plus basé sur la technologie et donc la recherche d'efficacité) et le climat de guerre perpétuelle à fait peut à peut disparaître ces valeurs. Aussi il est vrais que dans les techniques de combat européennes on ne retrouve pas ou plus les valeurs d'honneur et la recherche de la paix.

J'aimerais ajouter, que de mon point de vue la différence entre art martial, self défense et sport de combat, si elle dépend de la ''matière'' étudiée dépend énormément de l'étudiant. Prenons l'exemple du karaté. Dans une même école avec une même base le pratiquant pourra pratiquer soit un arts martial, soit un sport de combat soit de la self défense. Je m'explique,si le pratiquant pratique en cherchant à devenir le meilleur à devenir un champion, à gagner, faire des tournois... on pourra alors dire qu'il pratique un sport de combat car tous sont entraînement sera principalement orienté dans cet optique. Cependant des techniques efficaces en compétition ne le seront pas forcément dans la rue ou les agression seront rarement en 1 contre 1 et à armes égales. De même, la compétition est reste loin de la recherche philosophique, de l'introspection et de la recherche de la paix intérieur. En effet les arts martiaux auront plutôt tendance à avoir une visée plutôt humaniste, plutôt qu'une recherche de domination. A l'inverse si ce même pratiquant pratique dans le but d'obtenir une grande efficacité en combat réelle, il ne cherchera pas forcément à combattre d'autres adversaire dans des tournois, et n'aura pas pour objectif premier les apports philosophiques. On dira alors qu'il pratiquera de la self défense. Enfin si un pratiquant pratique le karaté dans l'optique d'une construction personnel et dans une réelle recherche des valeurs de ce dernier, on dira qu'il pratique un art martial.

J'aimerais enfin terminer en revenant sur un point c'est que de mon point de vue aucun art martial n'est née arts martial. Il s'agirait plutôt d'une forme d'évolution. Si à l'origine on ne trouve que des techniques de défenses, ces dernières ont parfois la chance d'évoluer en quelque chose de plus grand en incorporant des préceptes moraux et philosophique et en dépassant leur objectif initial, ce qui ne veut pas dire que les arts martiaux sont supérieurs, ou inférieurs à la self défense, ce sont juste deux vision différente des choses.

Ps : désolé pour la longueur et les fautes  :)
Petite pub: ''l'art de la voie'' magasine internet gratuit sur les arts martiaux disponible via facebook.

Il est bon de savoir combattre 5 hommes, mais il est meilleur de n'en combattre aucun.

Hors ligne fig72000

  • Membre de la Cité
  • Bébé dragon
  • *
  • Messages: 173
  • Sagesse: 26
  • Sexe: Homme
Re : définition d'un art martial? [construction3]
« Réponse #4 le: août 11, 2011, 12:13:51 pm »
@ombrouge : +1 excellent
Je partage quasiment intégralement ta vision.
Je voudrais juste rajouter que dans l'optique de "former" des gens pour aller dans un champs de bataille, il faut en plus du bagage technique, ajouter une dimension philosophique pour permettre une mise en condition mentale. Les armées moderne font de meme (cf on parle d esprit de la Légion étrangère pour ne citer que la plus connue).
C'est par hasard, ou plutôt par la facilité d'identifier la vie a un combat, que les préceptes martiaux peuvent être étendue dans un contexte plus  pacifique avec autant de vérité.
Je suis tout a fait d'accord avec toi quand tu dis que c'est l’élève lui même qui part son but et son implication définit sa pratique comme martiale ou pas, ça rejoint tout a fait ma contribution pour un autre post en expliquant mieux que moi.
Jamais chercher la victoire, Jamais accepter de perdre

Hors ligne Pyrate

  • Jeune dragon
  • *
  • Messages: 575
  • Sagesse: 84
  • Sexe: Homme
    • selfdefense'CHBG
Re : définition d'un art martial? [construction3]
« Réponse #5 le: août 11, 2011, 20:16:04 pm »
D'accord avec les définitions/différences de self-défense, arts martiaux et sports de combats. Par contre, si écrit sur le papier on fait bien la différence, dans la pratique, ce n'est pas toujours aussi tranché. Dans ton post tu présentes des pratiquants extrêmes (pour illustrer ton propos).

J'aurais une autre question:
Dans quelle catégorie classerais-tu le jeet kune do tel que développé par Burce lee et défini par lui même comme un système évolutif?
la ceinture ne sert qu'à une chose... tenir le pantalon

Hors ligne Juken

  • Bébé dragon
  • *
  • Messages: 94
  • Sagesse: 4
  • Sexe: Homme
Re : définition d'un art martial? [construction3]
« Réponse #6 le: août 11, 2011, 20:24:30 pm »
Alors la, bravo!

J'suis totalement d'accord, surtout sur la différence qu'on doit apporter entre arts martiaux et sports de combat, qui n'ont pas la même "essence". Je peux pas argumenter plus, j'ai l'impression que tu a tout très bien dis! :-D=
Quand le courant n'emporte pas la Lune;

L'homme qui excelle au tir ne vise pas le centre de la cible.

Hors ligne ombrouge

  • Oeuf de dragon
  • *
  • Messages: 36
  • Sagesse: 6
  • Sexe: Homme
Re : définition d'un art martial? [construction3]
« Réponse #7 le: août 11, 2011, 20:29:10 pm »

J'aurais une autre question:
Dans quelle catégorie classerais-tu le jeet kune do tel que développé par Burce lee et défini par lui même comme un système évolutif?


Question très intéressante merci de l'avoir posé. et bien dans de tel cas, pour de tel disciplines j'aurais tendance à les classifié plus dans les méthodes de self défense. Cependant, dans de tel cas c'est vraiment l'intention du pratiquant qui définit la pratique ainsi que la manière dont il est enseigné.

Si le pratiquant ne cherche que l'efficacité la pratique ne sera réduit à une méthode de self défense. A l'inverse si il y a une recherche plus philosophique du pratiquant alors on pourrait parler d'art martial.

On pourrait d'ailleurs ce poser une question plus ou moins similaire pour les pratiquants de cross training. Si une personne pratique plusieurs arts martiaux reconnu, peut on dire pour autant qu'elle est un artiste martial dès lors qu'elle ne cherche que l'efficacité?

De mon point de vue je ne cacherais pas que non (mais bon comme certains l'auront peut être compris je suis plutôt pour les arts maritaux que les méthodes de self defense ;) )

Alors la, bravo!

J'suis totalement d'accord, surtout sur la différence qu'on doit apporter entre arts martiaux et sports de combat, qui n'ont pas la même "essence". Je peux pas argumenter plus, j'ai l'impression que tu a tout très bien dis! :-D=

Merci beaucoup... je me suis posé un grand nombre de fois cette question et j'ai eut la chance de pouvoir en discuter avec certains maitres et professeurs d'arts martiaux dans le cadre de mon magasine (mode pub off)
Petite pub: ''l'art de la voie'' magasine internet gratuit sur les arts martiaux disponible via facebook.

Il est bon de savoir combattre 5 hommes, mais il est meilleur de n'en combattre aucun.

Hors ligne Juken

  • Bébé dragon
  • *
  • Messages: 94
  • Sagesse: 4
  • Sexe: Homme
Re : définition d'un art martial? [construction3]
« Réponse #8 le: août 11, 2011, 20:39:58 pm »
En tout cas je reste admiratif devant les personnes, qui comme toi arrive à une réflexion  claire, organisée et pertinente. :-)_ :-)_

A chaque fois, tout reste confus et brouillon dans ma boite crânienne |*-p
Quand le courant n'emporte pas la Lune;

L'homme qui excelle au tir ne vise pas le centre de la cible.

Hors ligne aries

  • Dragon guerrier de feu
  • *
  • Messages: 1065
  • Sagesse: 48
  • Sexe: Homme
  • "you must defeat my dragon punch to stand a chance
Re : définition d'un art martial? [construction3]
« Réponse #9 le: août 12, 2011, 10:42:15 am »
même si ja partage l'idée de la plus value éthique de l'art martial je dis attention à une vision trop romanesque de l'histoire japonaise


le hagakure donne plutôt les préceptes de soumission au seigneur et d'honneur dans la mort plutôt que les débuts du DO, alors que des samourai faisant partie de l'establishment de l'époque prenait quelque distances avec ces orientations, en particulier sur l'infaibilité supposée du seigneur, qui pouvaient voir besoin d'être éclairé par ses vassaux.

Si l'éducation par le combat était effectivement l'orientation de l'époque, tout le monde n'y avait pas accès. n'oublions pas que l'ère tokugawa mis fortement en valeur la société de caste japonaise avec la suprioté de la caste guerrière.

il ne s'agissait pas de former l'individu au sens large mais de faire des guerriers qui n'étaient des brutes sans cervelles les dirigeants politiques sous l'ère tokugawa. Pour celà il y eut un jeu du shogunnat en commandant à une tendace du bouddhisme des écrits , en renforçant ainsi une faction favorable du clergé par arpport à d'autre. il fallait remplacer  dans le culture de l'époque la noblesse d'essence divine par une noblesse d'arme par les armes

pour evenir au sujet je pense qu'une erreur c'est d'vaoir un pratqiue exclusive: que de la competition, que de la self , ou que de "l'art martial"

c'est par la confrontation avec l'autre et avec la gestion du stress qu'on peut progresser humainement: en se détachant du résultat la compétition est un bon espace pour ça

c'est aussi le seul espace où on peut confronter sa gestion des distances et son timing ( efficacité , self) avec d'autres partenaires que ceux du clubs qu'au bout des quelques années on connait par coeur

la self  intègre la gestion de l'envirronement , l'anticipation du danger et nous situe dans autre chose qu'une simple relation duelle

pour moi c'est en combinant ces approches qu'on peut tendre par 'l'art martail' , qui est un néo logisme issu des explorateurs occidentaux mais pas la traduction d'un concept asiatique
" Si on a les yeux fixés étroitement avec des oeillères, on oublie les chose les plus importantes, des égarements apparaissent dans l'esprit, et on laisse échapper une victoire certaine"  MIYAMOTO MUSASHI

 


* Newsletter

S'abonner à la newsletter de Webmartial

Votre email :

Chaque mois, l'actualité des arts martiaux et des sports de combat dans votre email !