Auteur Sujet: Boxe birmane (Bando, Thaing)  (Lu 3987 fois)

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Boxe birmane (Bando, Thaing)
« le: septembre 30, 2009, 16:41:31 pm »
Source http://www.bando.fr

DEFINITION DU THAING (BANDO)
http://www.bando.fr/oidit_T003_11rzh0z63qaghpieamktlhk2sl.html

Le Thaing (Birmanie) :

       Aujourd'hui, le terme s'accorde à désigner les arts de combat birmans dont les origines dateraient de plus de 4500 ans. Ils descendent, d'une part, des techniques guerrières, prisent dans leur vocation primitive sur le champ de bataille, résultat d'une longue évolution historique et dont on a retenu les règles et les principes d'entraînement. D'autre part, il est le fruit de la réflexion de moines dans le besoin de se défendre et de s'entretenir physiquement, méthodes utilitaires devenant peu à peu des arts martiaux rituels (appelé aujourd'hui "Bando").
   
Origine

       D'un point de vue ethnique, il doit sa richesse technique aux peuplades dispersées dans des jungles épaisses, tels les Nungs et les Rawangs dont l'animal vénéré est le sanglier ; les Nagas, adorateurs du singe noir, du tigre et du sanglier ; les Marus adorateurs du tigre ; les Was et leur culte pour le cerf ; les Karens dont l'animal vénéré est le buffle ; les Shans, dont les techniques de combat sont influencées par les pratiques chinoises. Ces peuplades ont développé chacune leurs propres méthodes de combat, calquées très souvent sur le comportement animal. De nombreuses spécificités se retrouvent dans le « travail à mains nues » (Bando*) et dans le « maniement des armes » (Banshay*). Techniques réalistes, sobres et efficaces, elles conduisent à des pratiques ludiques, tel que la lutte birmane (Naban*) codifiée au 9ème siècle et la célèbre boxe birmane (Lethwei*), règlementée au 11ème siècle.

La pratique des moines

       Parallèlement aux pratiques des différentes ethnies, les moines birmans ont développé des méthodes axées sur les concepts d'autodéfense et de non-violence. Elles affichent de fortes valeurs humaines et sociales, tels, le respect des autres, l'équilibre personnel, l'harmonie avec les proches et avec l'environnement.

       Chez les moines, du 3ème siècle, le terme Thaing signifie "autodiscipline", "autodéveloppement" et  "autoréalisation".  Au 12ème siècle, il signifie "self-défense" et  "autoprotection". Au 20ème siècle, on lui accorde la notion de "système de self-défense". Le "th" de "Thaing" est prononcé avec la langue entre les dents, comme le « th » de l'anglais "thing ". Le "aing" est prononcé comme le "ein" allemand.

Les formes de pratique

       Les différentes pratiques du Thaing peuvent s'expliquer par le schéma de quatre axes. Dans l'axe vertical : le style haut et le style bas. Dans l'axe horizontal : le "système dur" et le "système doux".
- Le système dur est caractérisé par des techniques puissantes et destructrices, car son utilisation consiste à neutraliser l'opposant par un mode risquant de provoquer des dégâts corporels.
- Le système doux est caractérisé par des techniques avec contrôle de sa propre énergie, l'objectif étant de minimiser les dégâts occasionnés à l'adversaire. Ce mode ne signifie ni faiblesse ni lenteur mais « maîtrise de ses actes ». Un grand expert du système doux doit être fort, rapide en mouvement, alerte mentalement et hautement instruit dans les arts martiaux.
- Le style haut est déterminé généralement par le « contrôle de ses propres émotions » pendant l'opposition. C'est le niveau de la discipline mentale qui détermine la nature du style (haut ou bas) et donc la nature de l'action ou de la réaction.
- Le style bas concerne le combattant qui ne contrôle pas son état émotionnel (la colère, l'orgueil, la rage, la vengeance, la peur, la haine, la honte, etc.). Les techniques sont violentes et ses actes sauvages.
       Le Thaing prôné par les moines depuis deux millénaires développe le style haut.

Le Thaing d'aujourd'hui

       Aujourd'hui, le Thaing est un « système martial » et non un « art martial ». C'est-à-dire un complexe de combat regroupant différentes pratiques martiales originaires de Birmanie avec ou sans armes. Il est plus généralement connu sous l'appellation générique de « Bando ». En effet, le pratiquant de Thaing aborde le travail à mains nues (Bando), la lutte au corps à corps (Naban), le maniement des armes (Banshay), le pugilat (Lethwei), les formes internes - techniques énergétiques et mentale - (Min-zin), le système du moine (Pongyi-thaing), le yoga birman (Bando-yoga : Dhanda-yoga, Longi-yoga et Letha-yoga)], les soins de l'esprit et les soins du corps (massages et traitement par les plantes).   

       Aujourd'hui, le terme Thaing est associé à de nombreux courants de pratique en Birmanie, d'où son appellation de « Système Thaing ». Ainsi trouve t-on en Birmanie, de nombreuses écoles aux pratiques diverses et spécifiques, ce qui fait la richesse du Thaing. Nous trouvons, le « style shan » (Shan thaing), style martial influencé par la culture chinoise - le « style du serpent » (Neganadai thaing) - l' « école du chemin opposé » (Pyompya thaing) où prédomine les techniques circulaires et des formes animales comme le singe, le scorpion, la panthère, le buffle et le cobra. C'est un style très proche des pratiques chinoises. Il utilise des stratégies surprenantes et rares. Tels des blocages circulaires et des coups de poing mélangés avec des saisies - le « style royal » (Nan twin thaing), etc. Mais de nombreux style sont pratiqué dans le monde avec des attaches plus ou moins proche des pratiques originelles du Myanmar. ,  

Le néologisme "Bando"

       Par contre, le terme Bando serait d'origine chinoise pour certains, pour d'autres, indienne voire tibétaine. Son appropriation serait plus récente que le mot Thaing*. Le terme "Bando" aurait été utilisé par le moine Amarapura Sayadaw en 1911, du monastère de la cité des Moines, au nord de la Birmanie. Il tirerait ses origines d'un ancien mot pali (indien). Il signifie « art du combat à mains nues ». Sa véritable graphie est « Bun dho » (art du combat à mains nues). , et se prononce « Bawn'doh » en anglais.

Le répertoire des pratiques du guerrier birman

       Le premier répertoire des pratiques guerrières birmanes date du 6ème siècle après J.C. Les disciplines ancestrales sont les suivantes :
1. Le combat avec les animaux (éléphant, cheval, buffle, chien),
2. Le combat du soldat à pied avec armes diverses : arc, arbalète, sabre, lance, dague, bouclier (Banshay*),
3. Le travail de la lutte (Naban*),
4. Le travail de la boxe à mains nues (Lethwei*),
5. La self-défense (Bando*),
6. Le développement physique (Bando-yoga*),
7. La médecine des herbes et des plantes,
8. Les techniques de massage,
9. La préparation mentale, les soins de l'esprit et le développement énergétique (Min-zin*).


Les termes Thaing et Bando

       Aussi, citer l'ensemble des disciplines regroupées dans le système complexe, qu'est le Thaing, peut sembler difficile à prononcer. Enfin le terme le plus connu est Bando, même si cette appellation ne désigne que la pratique mains nues, il semble être le plus facile à véhiculer. D'ailleurs, outre atlantique, c'est le choix qui a été fait. Que ce soit pour la pratique martiale, comme pour la partie sportive puisque l'on parle de Bando Kick Boxing (partie pugilistique).

       Le terme Bando, est un néologisme plus pratique à utiliser que le terme Thaing. Sa terminaison « do », sonne de la même manière que pour la plupart des arts martiaux extrême-orientaux. Ce qui est un avantage pour la promotion de la discipline. Il sert à désigner deux types de notion :

               1. Il désigne, d'abord, le « travail martial à mains nues » (la self-défense, les formes animales et les autres techniques martiales). Suivant les origines ethniques des techniques, on parle de Bando birman, de Bando kayin, etc., comme on parle de Lethwei* kachin ou de Lethwei* karen.
               2. Il remplace le terme Thaing, afin de désigner l'ensemble des pratiques martiales birmanes.

       Le premier sens du mot Bando est plus approprié pour désigner l'« art du combat à mains nues ». Quant au terme Thaing, il désigne avantageusement l'ensemble des arts martiaux originaires du Myanmar



HISTOIRE DU THAING (BANDO)
http://www.bando.fr/oidit_T003_11rzh0z63qaghpi3yxe6el6ac6l.html

Les origines du Bando sont très anciennes et remontent très certainement à plus de 2000 ans, avec un enseignement dispensé à la base par des moines experts en techniques de combat. La Boxe birmane était notamment, sous les divers empires birmans une activité très prisée, tout à la fois par le peuple et les princes. La naissance du Bando moderne tel qu'on le pratique aujourd'hui remonte aux années 1930. Il est le fruit du travail d'une poignée d'officiers de l'armée impériale britannique qui souhaitèrent restaurer et codifier la pratique des anciens arts martiaux birmans. Ainsi naquit sur l'initiative de Ba Than en 1946, le National Bando Association (N.B.A.), puis l'International Bando Association (I.B.A.).

(*) NBA: Association de l'après guerre ayant contribué à la sauvegarde du Thaing. Le 9 mars 1946, neuf membres survivants de la seconde guerre mondiale ayant appartenu au Military Athletic Club de Maymyo, fondent le National Bando Association (NBA.), sous la présidence du Ba Than. Ces grands experts et enseignants de Thaing sont les suivants :

-         Yogi Abehananda (Indien),

-         C.C. CHU (Chinois),

-         A.K. KHAN (Pakistanais),

-         Zaw MIN (Birman),

-         Guruji G. BAHADUR (Gurkha, ex président du Military Athletic Club),

-         Ba SAW (Karen),

-         Duna DAUNG (Kachin),

-         Mein SA BOJI (Arakanais),

-    Ba THAN (Birman).

 

Depuis 1958, le Bando est régi par différentes fédérations internationales et continentales :

          > L'American Bando Association en Amérique du Nord (ABA), née en 1962
          > La Fédération Européenne de Thaing Bando (FETB-DA), créée en 1990
          > La All Burmese Martial Art Fédération en Birmanie (ABMAF).

PHILOSOPHIE DU THAING (BANDO)
http://www.bando.fr/philosophie-bando.html

   La philosophie du Système Thaing n'est pas une religion ou un dogme, même s'il est basé sur les anciens principes religieux de « non-violence ».
        C'est un système intégral de développement du corps, de l'esprit et de la pensée pour aboutir à une harmonie avec soi-même, avec les autres et avec la nature.
        L'objectif est d'améliorer la santé et l'équilibre afin d'acquérir une discipline physique et mentale. Il faut éviter que les émotions soient incontrôlées (trois émotions : peur, colère et amour), et user de la violence comme seule solution de conflit. Les 3 principes du Bando d'Hanthawaddy du 19ème siècle, que l'on retrouve dans l'interprétation de l'insigne de l'American Bando Association (A.B.A.) sont :
1.     Former des hommes (approche constructive),
2.     Aider à l'équilibre interne (esprit de création, esprit de préservation et maîtrise des pulsions destructrices)
3.     Aider à l'équilibre externe (dans le monde, l'entourage et les proches).
   

*     *      *      *     *      *      *     *      *      *     *      *      *     *      *      *     *      *      *     *      *      *     *
L'INSIGNE DU BANDO D'HANTHAWADDY
Un état d'esprit entoure la pratique du Bando comme il est de même pour d'autres arts martiaux.
L'insigne du Bando d'Hanthawaddy que porte les pratiquants, sur le bandogyi ou le short de Lethwei, est chargé de valeurs morales qui font l'essence même de notre système de combat.
Chaque cercle et triangle aide à comprendre le message transmis par les anciens experts d'arts martiaux birmans dans les années 1930 à Maymyo et dans les années 1940 à Mandalay.
L'être humain vit dans trois espaces symbolisés par les trois cercles de l'insigne :
-          Le premier cercle bleu, couleur du ciel, symbolise l'univers. Le triangle inscrit dans ce cercle représente l'air, la terre et l'eau.
-          Le deuxième cercle blanc symbolise la pureté. Le triangle inscrit dans ce cercle représente la naissance, la vie et la mort.
-          Le troisième cercle rouge, couleur du sang, symbolise la passion. Le triangle inscrit dans ce cercle représente le corps, la pensée et l'âme.
L'association des cercles et des triangles exprime les trois niveaux d'équilibre et d'harmonie :
-          1er niveau :  L'être humain recherche l'équilibre dans l'univers cela dans le respect des éléments ; car chacun d'entre nous peut être créatif, protecteur et malheureusement destructeur.
-          2ème niveau : L'homme recherche l'équilibre et la paix, dans ses relations au monde des humains (groupes sociaux, entourage, etc.).
-          3ème niveau : L'homme par rapport à ses besoins, à ses désirs, ses craintes, etc., cherche à tendre à l'harmonie dans le monde de soi.

                 Les trois triangles ont un sommet commun, pour exprimer que tout est issu d'une cellule originelle.

LEXIQUE DU THAING (BANDO)
http://www.bando.fr/lexique.html

Ahimsa : (Ind.)
Terme de sanskrit. Il désigne, dans le Thaing*, le concept de non-violence d'origine indienne développé notamment dans le Système martial des Moines (Pongyi-thaing*).
Aka : (Birm.)
 Désigne des séquences techniques réalisées dans le vide, dont le déroulement reproduit un schéma de combat contre un ou plusieurs adversaire(s) (appelé également et à tord « combat imaginaire »), en anglais « form » ou bien « patern » (ex. : le Pongyi-aka ou « Forme des moines à mains nues).
Akhas : (Birm.)
 Ethnie des montagnes de la Birmanie du Nord, également présente en Thaïlande. Lors des cérémonies, les Akhas portent un dha* (sabre) dans le dos.
Arakanais : (Birm.)
 Aussi Raknines. Peuple de l'ouest du pays, d'origine tibéto-birmane. Groupe majoritaire de l'Etat arakan et très vieille ethnie du pays. Ils pratiquent la lutte dite « arakanaise ».
Bague birmane : (Fr.)
Anneau porté à l'index droit par l'enseignant du système Thaing, un an après son professorat. Anciennement, il était porté par les princes de Birmanie.

Bamars : (Birm.)
Aussi Burmas ou Bhamars, en français "Birmans". Désigne en premier lieu une ethnie particulière venue du Nord, plus précisément de l'Est du Tibet et d'autre part les habitants du Myanmar actuel et qui ne sont pas tous d'origine tibéto-birmane. Les Bamars sont arrivés par vagues successives, bien avant la naissance du christ jusqu'au 11ème siècle, de la région limitrophe de l'Inde et de la Chine. Ils descendent des Mongols et forment la majorité ethnique du pays. Au 9ème siècle, ils succèdent aux Pyûs* et harcèlent les Môns* dans le bas pays. Entre le 11ème et le 13ème siècle, la plus florissante de leurs capitales fut Pagan, sur les rives de l'Irrawaddy, puis ensuite Toungoo, Ava, Sagaing, Amarapura et Mandalay. Actuellement, les Bamars sont installés le long de l'Irrawaddy, où se trouvent les terres les plus riches. Ils se répartissent sur près de 60 % du territoire (30 millions) ne parlent que leur langue propre, le "birman", dont l'écriture est dérivée du sanscrit, le "pali". Au fur et à mesure de leur extension, ils ont absorbé nombre de groupes minoritaires, particulièrement les Môns et les Karens*. Certains disent que les premiers habitants de la Birmanie, les Pyûs d'origine tibétaine, sont arrivés au 3ème siècle av. J.C. Ces derniers installèrent leur première civilisation au 3ème siècle après J.C. Et c'est avec le roi Anawratha, 1er empire birman, que les bamars succèdent aux Pyus* sur le moyen Irrawaddy (fleuve principal).

Bando : (Birm.)
Terme apparu à la fin du 19ème siècle pour désigner les pratiques d'autodéfense et d'entretien physique des moines. Il désigne, en particulier dans le Thaing*, le travail à mains nues et notamment celui des techniques animales.
Bandoist : (Ang.)

Désigne un pratiquant de Thaing dans la littérature des arts martiaux des années 1960, notamment aux USA. En français, bandoiste et se prononce « Bando iste ».

 
Bandogyi : (Fr.)

Néologisme utilisé en France depuis les années 1980, pour désigner la tenue d'entraînement pour la pratique du Thaing* dont la couleur varie suivant les styles. Elle se compose d'un pantalon large la plus part du temps sombre (longyi*), et d'une veste plus claire (eingyi*) fermée par des brandebourgs. Celle-ci doit être large, s'arrêter aux hanches et recouvrir une partie des avant-bras, le col est de type « Mao ». Cette veste est souvent remplacée, à l'entraînement,  par un tee-shirt. Sur le pantalon, est portée une ceinture, solide pour permettre de bonnes saisies, dont la couleur indique le grade du bandoiste* et nouée par un nœud plat. Elle est noire pour les titulaires d'un degré fédéral. Par contre, les experts portent un sash*, écharpe en tissu léger, noué habituellement du côté droit. On pratique en chaussons d'arts martiaux le plus souvent et pieds nus pour certaines disciplines de compétition.

 
Bando-kickboxing : (USA.)

Forme modernisée et sportive du Lethwei*, elle est surnommée « boxe birmane à quatre armes » en Europe. Née en Amérique du Nord au début des années 1960, cette sorte d'escrime des pieds et des poings gantés dans un ring a donné naissance, aux USA dans les années 1970, à différentes formes de Full-contact et de Kick-boxing. Il existe, en compétition, deux formes d'affrontement : le « Bando kickboxing contrôlé » ou les techniques sont parfaitement retenues et le « Bando kickboxing de plein-contact » où les coups sont portés à pleine puissance destiné aux pratiquants expérimentés et majeurs. Suivant l'âge et le niveau technique les règles et les conditions de compétition sont variables (surface de combat, port de protections, techniques autorisées et interdites, etc.).
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Boxe birmane (Bando, Thaing)
« le: septembre 30, 2009, 16:41:31 pm »
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Re : Boxe birmane (Bando, Thaing)
« Réponse #1 le: septembre 30, 2009, 16:46:35 pm »
La boxe birmane se nomme bama lethwei (birman :) ou Myanma yuya louvi (Myanmar traditional boxing en anglais). Sa version sportive en Occident est aussi appelée depuis les années 1960 : bando kickboxing.

Définition

Cette pratique d’escrime des mains et des pieds nus est aussi veille que la nation birmane. C’est une boxe pieds-poings « dite martiale » qui emprunte à l’héritage technique du guerrier birman toute sa panoplie de stratégies. Elle devient populaire à partir du XIe siècle sous le Roi Anawratha, avec des combats interethniques sans aucunes règles et d’une violence sans commune mesure. La manière de s’affronter est très spécifique, tenant très souvent du comportement animal et ne ressemble que de très loin à d’autres pratiques orientales.

Règlement : la boxe birmane ou « superlatif » des boxes

Ancestralement, l’opposition est dirigée par deux arbitres et se déroule dans un cercle où toute forme de percussion et de projection y est autorisée. L’ère moderne a introduit les règles de la boxe occidentale, notamment les gants, les rounds, le ring et les protections. Le panel technique des combattants est très large et les comportements s’inspirent des autres pratiques de combat de Birmanie entre autres des techniques inspirées des animaux. On y trouve de nombreuses actions spectaculaires notamment les techniques volantes (coup de pied sauté, coup de genou sauté et coude sauté) et des techniques en marche d’escalier (coup de pied et de genou).
Hier, la boxe birmane traditionnelle était l’antithèse du thaing par son aspect brutal et primaire. Aujourd’hui il n’en est rien, car elle est organisée dans des conditions modernes, elle peut être agréable à voir.

Caractéristiques techniques : « tout le corps est une arme »
Technique de crochetage en lethwei moderne

Un ensemble de techniques traditionnelles composent la pratique de la boxe birmane. Elles sont souvent répertoriées par groupe de trois éléments. Le chiffre « trois » permet de mémoriser un ensemble de connaissances et techniques de combat. Ces ensembles sont le plus souvent multiples de trois et ainsi on les retrouve par groupes de neuf, douze éléments voire plus.
Les caractéristiques techniques du lethwei tiennent à trois composantes principales, les « armes » utilisées, les « cibles » visées et les « distances » de combat. Nous trouvons ainsi :

   1. Une utilisation de tout l’arsenal corporel disponible, de percussion et de projection (neuf armes principales : crâne, deux poings, deux coudes, deux genoux et deux pieds).
   2. La recherche de percussion de l’ensemble du corps adverse, non pas seulement pour térasser immédiatement mais pour l’amoindrir progressivement.
   3. La gestion de trois distances de combat : distance longue (notamment de coup de pied), distance moyenne (coups de genou, de poing et coude) et le corps-à-corps (saisie et projections).

D'un point de vue stratégique, et afin d’être facilement retenu dans la mémoire, un ensemble de principes est édicté. Pour exemple, nous trouvons les principes suivants :

   1. « Percuter les armes adverses avant de s’attaquer au centre du corps » (Ex. : choc en coup de tête sur le biceps en même temps d’un coup de poing circulaire adverse ou percussion de la cuisse adverse en coup de pied circulaire de type fouetté lors d’une offensive en coup de pied circulaire en ligne médiane).
   2. « Projeter doivent s’effectuer dans l’espace proche afin d’amener une percussion immédiate en arrivant au sol ».
   3. « Utiliser les stratégies des animaux du thaing » (ex.: percussion sur les membres inférieurs adverses de type sanglier, ou coup de patte de type panthère sur les bras adverses pour se frayer un chemin vers des cibles, ou balayage rotatif du tigre sur une offensive en coup de pied à la face).

Technique de projection en lethwei moderne, (ici fauchage de jambe)

Particularités culturelles du lethwei

Traditionnellement le combat se déroule dans un cercle. Dans les villages birmans, encore au XXIe siècle, ce combat a maintenu son caractère ancestral. Seule l’apparition d’un ring occidental et des divisions semblent être un signe de modernité. La rencontre est dirigée par deux arbitres, afin de mieux pouvoir séparer les protagonistes, et évaluée par six juges. Toutes les techniques y sont autorisées et on peut percuter sur un homme à terre. Les boxeurs se confrontent durant des manches très longues. Les rounds sont espacés par des repos complets durant lesquels se déroulent d’autres matchs. L’équipement est sommaire, port du short de boxe, mains bandées, noix de coco en guise de protection génitale, lanière de cuir entre les dents. Encore à ce jour, de nombreux boxeurs birmans se tatouent le tronc et les jambes (appelées Pi-ze). On peut y lire, chez certains, leurs victoires, chez d’autres des représentations d’animaux (aigle, cobra, panthère, tigre, etc.) symbolisant force et courage. Certains boxeurs portent des amulettes autour des bras ou des jambes pour leur donner confiance, force et bravoure.

Le lethwei-yei

Le lai-ka ou lethwei-yei est une sorte de danse guerrière exécutée en début de combat, pour démontrer habileté et courage. Cette parade sous forme de techniques de combat, propres à certaines ethnies et écoles de boxe, est rythmée par une musique (lay-gin) jouée par un orchestre (saing-waing). Durant la parade, certains boxeurs racontent des épisodes de leurs combats antérieurs.
A la fin de la danse, les bras croisés le boxeur se frappe chacune de ses épaules avec la main opposée, de façon à annoncer qu’il est prêt à combattre. Une danse de victoire est également exécutée après la décision des juges.

Le let-khamaungnkhat

Présentation des armes utilisées avant le combat de lethwei, par le boxeur lui-même. Il percute de sa main ouverte l’arme opposée. La présentation s’effectue de haut en bas, d’abord avec les poings et les coudes, puis les genoux et enfin les pieds.

Les techniques du lethwei

Les coups de poing (Latt-di)

« Lat » signifie « poing » en birman et « Lat-di », coup de poing. Pour délivrer les techniques de poing, nous trouvons : deux formes principales de trajectoire (rectiligne et curviligne), cinq surfaces principales de frappe (l’avant du poing, le dessus et le dessous du poing, les deux côtés du poing). Neuf techniques usuelles de poing sont répertoriées : 1/ de forme pistonnée courte (short straight-push souvent remontante ou rising-punch en Anglais), 2/ de forme pistonnée longue (long straight-punch en Anglais), 3/ de forme circulaire à l’endroit (dite crochetée, ), 4/ de forme circulaire remontante (uppercut), 5/ de forme circulaire à rebours (dite en revers ou back-fist en Anglais), 6/ de forme balancée horizontale (dite en bâton ou stick-punch, hook en Anglais), 7/ de forme balancée remontante (en bâton ou swing), 8/ de forme descendante circulaire ou en marteau (stomp en Anglais) et, 9/ de forme jetée et plongeante (dite du cobra). Certaines techniques de poing peuvent être sautées et retournées.

Les coups de coude (D’tao-hni)

« D’tao » signifie « coude » en birman et « D’tao-hni », coup de coude. Le coude est une arme naturelle du corps humain. Particulièrement efficace dans le combat au corps à corps, pour défendre et atteindre des cibles, parce qu’il n’a pas besoin de beaucoup d’amplitude et donc d’inertie pour provoquer des traumatismes à l’adversaire. On utilise le plus souvent la pointe du coude ou les parties osseuses du bras et de l’avant-bras pour les techniques de percussion et de défense (blocage de technique, protection contre une attaque, déviation d’une technique, verrouillage et contrôle de l’opposant). En plus de l’activité effectuée par l’épaule, la puissance de frappe vient de la combinaison d’actions allant le plus souvent dans la même direction – appelé principe d’union (à l’occasion de la frappe, une rotation du tronc ou action de vissage dans l’axe vertical – un tassage pour un coup descendant – ou une poussée verticale avec les cuisses pour un coup remontant). Les techniques de coude sont très populaires en Birmanie et sont connues pour être portées lors d’un saut (technique dite volante) ou après un appui pédestre sur l’adversaire (technique dite en marche d’escalier). Certaines techniques s’exécutent les deux coudes ensemble ou un coude combiné avec une autre arme (très souvent en cascade circulaire : poing puis coude puis poing).

Les coups de genou (Du-ne-dai)

« Du-ne » signifie « genou » en birman et « Du-ne-dai », coup de genou. Le genou est une arme naturelle du corps humain. Extrêmement efficace à courte distance de combat et au corps à corps, il permet aussi bien de défendre que d’atteindre des cibles. On utilise le plus souvent la pointe du genou ou les parties osseuses proches de l’articulation pour les techniques de percussion et de défense (blocage de coup, protection d’une cible, déviation d’une arme et stoppage d’une avancée adverse). Les boxeurs birmans sont réputés pour leurs techniques de coup de genou sautés notamment les techniques portées les deux genoux simultanément (flying double knee en anglais).

Les coups de pied (Nenda)

« Nenda » signifie « jambe ». Pour délivrer les techniques de jambe, nous trouvons : trois orientations principales des hanches (de face, de côté et de dos), deux formes de trajectoires (rectiligne ou curviligne), cinq surfaces principales de frappe (le dessus de pied ou du tibia, la « balle » du pied, le talon, les deux côtés du pied). Neuf techniques usuelles de jambe sont répertoriées : 1/ technique de face, de forme pistonnée (en anglais, front-kick), 2/ coup de diagonale montante, jambe tendue (stick-kick), 3/ coup latéral pistonné (side-kick), 4/ coup circulaire fouetté (round-kick), 5/ coup circulaire en bâton (crescent-kick), 6/ coup retombant en bâton (hammer-kick), 7/ le balayage pistonné (sweeping), 8/ le coup de pied de côté crocheté (hook-kick) et 9/ le coup de pied arrière pistonné (back-kick). Certaines techniques de pied peuvent être retournées et sautées.

Les coups de tête (Hohne-dai)

« Kohne » (ou « gaung ») signifie « tête » en langue birmane et « dai » veut dire « coup » (ou frappe). Coup porté avec le crâne, le plus souvent avec le haut du front. La percussion avec le crâne est une spécificité de la boxe birmane ancestrale. Encore au 21e siècle, le règlement de certains tournois de village autorise ce type de frappe. En progression avant, elle se donne le plus souvent le buste et la tête de profil pour éviter une blessure en coup de contre au visage.

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