Auteur Sujet: question fluidité-rapidité ?  (Lu 1533 fois)

Hors ligne Kio

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question fluidité-rapidité ?
« le: juillet 23, 2015, 09:49:53 am »
Hello, une question pour nos amis pratiquant les arts martiaux chinois.
Histoire de travailler autrement, pourriez vous me faire part de vos exercices lorsque vous bosser la rapidité et surtout la fluidité de vos mouvements lors d'un enchainement? La fluidité-rapidité en enchaînement donne une puissance de frappe mais chaque style à ses exercices et le corps s'habitue donc si vous voulez bien nous donner votre vision du travail. Merci d'avance.
« Modifié: juillet 23, 2015, 17:37:38 pm par moderation »

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question fluidité-rapidité ?
« le: juillet 23, 2015, 09:49:53 am »
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Hors ligne ombre en plein jour

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Re : question ?
« Réponse #1 le: juillet 23, 2015, 16:43:07 pm »
Je ne travaille jamais la rapidité ;D

Çà fait bizarre, mais c'est ainsi. Je ne sais trop comment expliquer.

Cela n'aurait pas de sens si je pratiquais une boxe. Mais je pratique un art du "pont" (wing chun) - c.a.d. un art où on profite de l'attaque de l'autre pour entrer en contact et se guider sur son action pour agir. Ma vitesse est contenue dans celle de l'autre. Et comme souvent avec les arts chinois du pont, je travaille de très près. La distance de frappe est très courte et souvent de l'intérieur de la garde de l'autre.

Le moment chaud est celui de l'interception. Mais il consiste souvent à "attaquer" les membres frappeurs comme si on attaquait une garde et à passer à travers ou à se positionner de façon "secure". Bien sûr il ne faut pas être lambin mais pas non plus d'une vitesse exceptionnelle.

Il faut s'entrainer à "faire le pont" selon son style, d'abord sur des attaques convenues, puis au jugé sur des attaques libres.

Dans le travail solitaire, je ne suis pas (pour mon style) favorable à l'entrainement à des coups de poing mitraillette. Cela gâche facilement la qualité de frappe.

La fluidité, que dire? Il faut travailler ses enchainements un peu lentement en ne zappant aucun moment et en maintenant un flux continu. Il faut chercher la coordination de tous les segments du corps. Dans les arts qui possèdent des exercices de mains collantes ou de poussée (chi sao, tui shou) c'est la même chose. Même travail mais avec partenaire. Ne pas travailler par à coups, ne pas accélérer le rythme pour surprendre, garder toujours le contact. Laisser l'autre "entrer" et soi-même "répondre", et réciproquement. Bien achever chacune de ses techniques (sinon on "zappe" le principe qu'elle contient).
« Modifié: juillet 23, 2015, 16:44:41 pm par ombre en plein jour »

Hors ligne thorir

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Re : question fluidité-rapidité ?
« Réponse #2 le: juillet 23, 2015, 21:02:09 pm »
Bonjour,
Pour prolonger la réflexion...
Dans les arts chinois (et d'autres aussi sans doute), on travaille également le rebond qui, associé à l'explosion, permet de gagner en puissance et en réactivité, mais aussi en vitesse et en fluidité. L'entrée n'en est que plus efficiente.
Explosion + rebond = une bonne combinaison de travail.
Tout le problème consiste à vraiment assurer le rebond pour imposer le poids de la frappe et de ne pas repartir avant d'avoir frappé car dès lors, il n'y a finalement ni rebond, ni frappe, juste de la précipitation...
Bien à vous.
thorir
« Modifié: juillet 23, 2015, 21:40:05 pm par thorir »

Hors ligne didiersksr

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Re : question fluidité-rapidité ?
« Réponse #3 le: juillet 23, 2015, 23:50:35 pm »
Gassho

Comme les copains, le travail en recherche de vitesse maximum n'existe pas vraiment. Plus tu penses à aller vite plus tu contractes et au final tu freines. Laisse s'installer la plus grande décontraction et place ton esprit dans ton arme : ton poing, ta pique des doigts, le bol du pied, le genou... Oublie tout le reste. Une seule chose compte : ton "arme" doit rejoindre la cible ; tout l'intermédiaire n'a pas d'existence. Les archers visent cet état d'esprit : se placer dans la pointe de la flèche et dans la cible, les deux sont un ensemble. Toute réflexion sur ta posture, ton déplacement, ton geste parasite ton action. Une seule chose compte : ta frappe se réalise par elle-même, évacue toute autre chose.

Une anecdote, peut-être décalée et qui n'est pas dans le domaine des arts mais qui illustre un peu ce qui précède. J'avais environ 10 ans et j'ai accompagné un de mes oncles sur concours de "lyonnaise" (jeu de boules un peu comme la pétanque avec des distances plus longues et des boules plus grosses et d'une densité plus faible). A la fin, j'essaye de tirer des boules sans rien connaître, mon geste a donc été totalement libre. Avec les trois boules que j'avais, j'ai touché les boules que je "visais" : je voulais simplement que la boule que je tirais aille percuter celle sur le sol. Quand j'ai recommencé 2 minutes plus tard, j'ai "intellectualisé", "réfléchi" le geste pour refaire ce que j'avais accompli et je n'ai jamais plus rien touché. Ma réflexion a tout simplement annulé ce que mon corps pouvait faire.

La réflexion est utile mais pas quand tu agis. Laisse les choses se faire et la rapidité sera présente sans que tu te poses de questions.

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Re : question fluidité-rapidité ?
« Réponse #4 le: juillet 24, 2015, 01:16:11 am »
Joli sujet, avec des réponses qui se complètent ;-)p

Hors ligne Le promeneur

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Re : question fluidité-rapidité ?
« Réponse #5 le: juillet 24, 2015, 09:28:44 am »
une petite compile, de "principes"   :)


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 ;)
« Modifié: janvier 21, 2017, 11:29:08 am par Le promeneur »

Hors ligne jomtien

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Re : Re : question ?
« Réponse #6 le: juillet 24, 2015, 09:32:40 am »
Je ne travaille jamais la rapidité ;D

Çà fait bizarre, mais c'est ainsi. Je ne sais trop comment expliquer.

Cela n'aurait pas de sens si je pratiquais une boxe. Mais je pratique un art du "pont" (wing chun) - c.a.d. un art où on profite de l'attaque de l'autre pour entrer en contact et se guider sur son action pour agir. Ma vitesse est contenue dans celle de l'autre. Et comme souvent avec les arts chinois du pont, je travaille de très près. La distance de frappe est très courte et souvent de l'intérieur de la garde de l'autre.

Le moment chaud est celui de l'interception. Mais il consiste souvent à "attaquer" les membres frappeurs comme si on attaquait une garde et à passer à travers ou à se positionner de façon "secure". Bien sûr il ne faut pas être lambin mais pas non plus d'une vitesse exceptionnelle.

Il faut s'entrainer à "faire le pont" selon son style, d'abord sur des attaques convenues, puis au jugé sur des attaques libres.

Dans le travail solitaire, je ne suis pas (pour mon style) favorable à l'entrainement à des coups de poing mitraillette. Cela gâche facilement la qualité de frappe.

La fluidité, que dire? Il faut travailler ses enchainements un peu lentement en ne zappant aucun moment et en maintenant un flux continu. Il faut chercher la coordination de tous les segments du corps. Dans les arts qui possèdent des exercices de mains collantes ou de poussée (chi sao, tui shou) c'est la même chose. Même travail mais avec partenaire. Ne pas travailler par à coups, ne pas accélérer le rythme pour surprendre, garder toujours le contact. Laisser l'autre "entrer" et soi-même "répondre", et réciproquement. Bien achever chacune de ses techniques (sinon on "zappe" le principe qu'elle contient).


Très Intéressant ne connaissant pas  art du "pont" (wing chun) - c.a.d. un art où on profite de l'attaque de l'autre pour entrer en contact et se guider sur son action pour agir Ma question est  esce que ca se rapproche  ???

Evidement je prend en référence ce que je maitrise  #papy#

Attaque dans l'attaque (ADA) ou Contre

 « attack in the attack ». . En boxe anglaise* cette action s’appelle un « contre* » ou plus exactement un « coup de contre ».

C’est une action offensive lancée dans l’attaque adverse destinée à percuter l’opposant avant que ce dernier n’y parvienne. On parle de « contre » car l’action s’effectue le plus souvent dans le sens contraire de celle de l’adversaire provoquant un choc de type télescopage*.

Dans d’autres sports de combat, on trouve des actions « avec » c’est-à-dire dans le même sens que l’attaque adverse (on parle d’aspiration* ou d’effet tandem).
Au niveau du timing, l’action de contre peut être engagée au démarrage de l’attaque adverse ou durant son développement. Elle fait appel à la faculté de percevoir et d’identifier l’action adverse au moment où elle se dessine, voire même où elle se conçoit dans l’esprit de l’autre. Du point de vue stratégique* deux modes opératoires peuvent être envisagés :
 1/ repérer l’attaque adverse et prévoir son renouvellement,
 2/ télécommander l’attaque adverse.

Les qualités d’un bon conteur* sont : le coup d’œil* (capacité à lire la boxe adverse), la prise de décision* et la capacité de réaction rapide et d’anticipation*.



Ces dernières font appel aux ressources* suivantes : l’à-propos* (réponse* adéquate dans le bon timing*), la vitesse de réaction* (explosivité*), la vitesse d’exécution* et dans un autre registre, la malice* (capacité à manœuvrer* et à manipuler* l’opposant).

 Certains athlètes sont spécialisés dans cette forme de stratégie* et on dit d’eux que se sont des opportunistes*. À l’encontre des combattants offensifs, ces derniers se placent en position d’attentiste* profitant de l’occasion pour arriver à leurs fins.
« Modifié: juillet 24, 2015, 09:44:44 am par jomtien »
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Re : question fluidité-rapidité ?
« Réponse #7 le: juillet 24, 2015, 09:46:56 am »
Merci pour vos réponse ; en kenpo, la notion de rebond existe et si j'ai saisi correctement votre raisonnement il faut privilégier  la continuité dans ses mouvements pour réaliser une sorte d'entrée en "ouvre boîte" pour penetrer la zone de vie de l'adversaire. En ce qui concerne la "non pensée", je tente quelquefois de la  mettre en action, que ce soit en combat ou en self, mais c'est particulièrement ardu.

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Re : question fluidité-rapidité ?
« Réponse #8 le: juillet 24, 2015, 12:26:36 pm »
@ Jomtien

Oui, le "pont" peut présenter des ressemblances avec l'attaque dans l'attaque et aussi avec l'aspiration.

L'aspiration ressemble au principe selon lequel on va dans le sens de l'attaquant pour l'envoyer dans un vide.

Le contre, lui, serait un cas particulier où on a pu passer à travers le pont de l'autre et contrer tout de suite.

D'une façon générale, l'idée c'est d'entrer en contact avec les bras de l'attaquant, pas pour faire une sorte de lutte mais pour au moyen de la sensibilité "savoir" immédiatement ce qu'il va faire, sentir sa force et l'utiliser pour le mener dans un piège ou pour le déstructurer.

Un exemple un peu théorique mais qui n'est pas trop difficile à décrire: on sent que l'attaquant va envoyer un jab. On sait que derrière un jab, il y a autre chose qui va venir. On lance nos 2 bras en avançant de façon qu'on intercepte le jab et qu'on va chercher en même temps sa garde arrière. On fait les choses de façon qu'il ne puisse pas ramener en arrière le poing du jab et que le poing arrière est immobilisé. En quelque sorte on englue sa garde; c'est comme de la colle. Si par exemple en avançant on a pu se placer de façon que nous sommes à l'extérieur de son jab (et il ne peut transformer le bras du jab en coup de coude parce que notre placement permet de contrôler son coude), on a des possibilités de contre avec notre autre bras (gorge, parties...) mais çà nous oblige à lâcher sa garde arrière. Mais les angles font que s'il veut contrer avec son poing arrière, il est mal placé. Il doit donc se repositionner pour avoir une bonne distance et, de ce fait, il nous offre son centre. C'est à ce moment-là que nous frappons.

C'est un peu un cas d'école de prise de pont sur un cross.

Il est important de comprendre aussi qu'on ne saisit pas. On se contente de maintenir un contact léger mais bien présent. C'est ce contact - bien plus que la vue - qui nous permet de percevoir son repositionnement et de prendre le cross au piège.

L'idée général, c'est aussi qu'on ne va pas pratiquer la même stratégie que l'attaquant. On ne va pas aller sur son terrain, là où il est meilleur que nous. On va tâcher de l'amener sur un terrain qui lui est étranger.

Il faut comprendre aussi que c'est une façon de faire qui n'est d'avantage conçue pour de la self que pour des échanges sportifs, c'est à dire prolongés.

Çà a ses avantages et ses inconvénients.
« Modifié: juillet 24, 2015, 14:02:17 pm par ombre en plein jour »

Hors ligne jomtien

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Re : Re : question fluidité-rapidité ?
« Réponse #9 le: juillet 24, 2015, 14:10:21 pm »
@ Jomtien

Oui, le "pont" peut présenter des ressemblances avec l'attaque dans l'attaque et aussi avec l'aspiration.

L'aspiration ressemble au principe selon lequel on va dans le sens de l'attaquant pour l'envoyer dans un vide.

Le contre, lui, serait un cas particulier où on a pu passer à travers le pont de l'autre et contrer tout de suite.

D'une façon générale, l'idée c'est d'entrer en contact avec les bras de l'attaquant, pas pour faire une sorte de lutte mais pour au moyen de la sensibilité "savoir" immédiatement ce qu'il va faire, sentir sa force et l'utiliser pour le mener dans un piège ou pour le déstructurer.

Un exemple un peu théorique mais qui n'est pas trop difficile à décrire: on sent que l'attaquant va envoyer un jab. On sait que derrière un jab, il y a autre chose qui va venir. On lance nos 2 bras en avançant de façon qu'on intercepte le jab et qu'on va chercher en même temps sa garde arrière. On fait les choses de façon qu'il ne puisse pas ramener en arrière le poing du jab et que le poing arrière est immobilisé. En quelque sorte on englue sa garde; c'est comme de la colle. Si par exemple en avançant on a pu se placer de façon que nous sommes à l'extérieur de son jab (et il ne peut transformer le bras du jab en coup de coude parce que notre placement permet de contrôler son coude), on a des possibilités de contre avec notre autre bras (gorge, parties...) mais çà nous oblige à lâcher sa garde arrière. Mais les angles font que s'il veut contrer avec son poing arrière, il est mal placé. Il doit donc se repositionner pour avoir une bonne distance et, de ce fait, il nous offre son centre. C'est à ce moment-là que nous frappons.

C'est un peu un cas d'école de prise de pont sur un cross.

Il est important de comprendre aussi qu'on ne saisit pas. On se contente de maintenir un contact léger mais bien présent. C'est ce contact - bien plus que la vue - qui nous permet de percevoir son repositionnement et de prendre le cross au piège.

L'idée général, c'est aussi qu'on ne va pas pratiquer la même stratégie que l'attaquant. On ne va pas aller sur son terrain, là où il est meilleur que nous. On va tâcher de l'amener sur un terrain qui lui est étranger.

Il faut comprendre aussi que c'est une façon de faire qui n'est d'avantage conçue pour de la self que pour des échanges sportifs, c'est à dire prolongés.

Çà a ses avantages et ses inconvénients.

Ce serait de Arrogance de dire que j'ai tout Compris mais c'est toujours un plaisir de lire tes Commentaires !
Étant plus dans Esprit SDC mais la recherche Martiales est à l'origine de ma Pratique ! #papy#
Sawadee !
« Modifié: juillet 24, 2015, 14:13:52 pm par jomtien »
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